Réglementation location courte durée en Wallonie : ce qu’il faut savoir avant de se lancer

Enregistrement obligatoire, permis d’urbanisme, fiscalité, délais et coûts réels : le point complet et à jour sur vos obligations légales.
Réglementation location courte durée en Wallonie — signature d'un document officiel

La réglementation location courte durée en Wallonie n’a rien d’un détail. En effet, s’y lancer sans la connaître revient à risquer une amende, voire une suspension d’activité — et ça, avant même d’avoir accueilli un premier voyageur. Bonne nouvelle : une fois comprise, elle n’a rien d’insurmontable. Voici donc ce qui est réellement exigé en 2026.

L’enregistrement auprès de Tourisme Wallonie : la base incontournable

Toute personne qui propose un hébergement touristique à la location en Wallonie francophone doit l’enregistrer avant sa mise en location. Peu importe la forme du bien : appartement, chambre chez l’habitant, gîte…

Le Code wallon du Tourisme impose d’ailleurs cette obligation, sans exception liée à la taille ou à la fréquence de location.

Concrètement, l’enregistrement demande de fournir :

  • les informations sur le logement (identité de l’exploitant, adresse, capacité d’accueil) ;
  • une attestation de Sécurité-Incendie (ASI) ou de contrôle simplifié (ACS) ;
  • un extrait de casier judiciaire de moins de 6 mois.

La démarche se fait en ligne, gratuitement, via la plateforme « Mon Espace » de Tourisme Wallonie. Une fois complétée, vous recevez un numéro d’enregistrement valable indéfiniment, tant que votre ASI et votre casier judiciaire restent en cours de validité.

À retenir

Sans ce numéro d’enregistrement, un hébergement ne peut légalement pas être mis en location — que ce soit via Airbnb, Booking ou en direct.

Le permis d’urbanisme : une étape trop souvent oubliée

Depuis le 30 janvier 2023, transformer un logement existant en hébergement touristique nécessite, dans la majorité des cas, un permis d’urbanisme. C’est la commune où se situe le bien qui le délivre.

Cette règle s’applique dès qu’on loue, même occasionnellement, une ou plusieurs pièces d’un bâtiment. La condition : ce bâtiment n’avait pas, à l’origine, de fonction d’hébergement touristique.

Trois cas de figure en dispensent :

  • les hébergements chez l’habitant de moins de six chambres ;
  • la mise à disposition gratuite d’une seconde résidence ;
  • un permis d’urbanisme déjà obtenu avant le 30 janvier 2023 et couvrant explicitement cet usage.

La demande se fait auprès du service urbanisme de la commune. Celui-ci évalue ensuite le projet selon plusieurs critères : localisation, intégration dans le paysage bâti, gestion du stationnement et des nuisances.

Par contre, le recours à un architecte n’est pas systématiquement requis, sauf en cas de travaux modifiant la structure ou l’aspect du bâtiment.

Bon à savoir

Beaucoup de propriétaires découvrent cette obligation après coup. Mieux vaut vérifier sa situation avant de lancer une annonce que de devoir régulariser dans l’urgence.

La fiscalité : ce qui s’applique réellement

La réglementation location courte durée en Wallonie ne s’arrête d’ailleurs pas à l’urbanisme : trois niveaux de fiscalité peuvent aussi concerner votre hébergement.

Au fédéral, les revenus locatifs sont imposés à l’impôt des personnes physiques (ou à l’impôt des sociétés si vous exploitez via une société).

Si vous fournissez des services proches de l’hôtellerie (ménage régulier, linge, petit-déjeuner), une TVA peut s’appliquer. Une récente réforme fiscale l’a d’ailleurs fait passer de 6 à 12 %.

Ensuite, au niveau communal, la Ville de Liège applique une taxe spécifique aux hôtels et hébergements assimilés, distincte de la fiscalité générale sur les logements meublés.

Un règlement communal, en vigueur pour la période 2025-2031, confirme ce principe. Le montant exact varie toutefois selon la catégorie d’hébergement, et il n’est pas centralisé publiquement de façon simple.

À vérifier directement

Le montant précis de la taxe communale liégeoise dépend de votre type d’hébergement. Il n’existe pas de tarif wallon unique : chaque commune fixe son propre règlement. Pour Liège, le service Fiscalité de la Ville (Féronstrée 86-88, 4000 Liège) reste la source la plus fiable pour connaître le montant applicable à votre situation.

Ce qui arrive en cas de non-respect

Ignorer la réglementation location courte durée en Wallonie a d’ailleurs un vrai coût : le défaut d’enregistrement constitue une infraction de première catégorie au sens du Code wallon du Tourisme.

Les sanctions vont de 8 jours à 1 mois d’emprisonnement, ou d’une amende de 75 à 7 500 euros. Tourisme Wallonie développe par ailleurs des outils de repérage des hébergements non enregistrés, en plus des signalements spontanés.

Au-delà du risque pénal, un enregistrement suspendu (ASI expirée, non-respect de l’urbanisme…) empêche tout simplement de continuer à louer, jusqu’à régularisation.

Ce qui va changer pour la réglementation location courte durée en Wallonie

Depuis le 20 mai 2026, un règlement européen impose un numéro d’enregistrement aux exploitants d’hébergements touristiques. Ce numéro est désormais nécessaire pour être commercialisé sur les plateformes comme Airbnb, Booking ou Expedia.

En Wallonie, cette obligation européenne n’est toutefois pas encore applicable en pratique. Elle nécessite d’abord une adaptation du Code wallon du Tourisme, annoncée pour la fin de l’année 2026.

Cela ne change rien à vos obligations actuelles : enregistrement Tourisme Wallonie, permis d’urbanisme. C’est malgré tout un point à surveiller dans les prochains mois, car certaines plateformes commencent déjà à anticiper ces nouvelles exigences.

Combien de temps prévoir ?

Ces démarches font peur surtout parce qu’elles semblent nombreuses — dans les faits, plusieurs peuvent avancer en parallèle. Voici des repères concrets, basés sur les délais légaux :

  • Extrait de casier judiciaire : quelques jours, à la commune ou en ligne.
  • Attestation de Sécurité-Incendie (ASI/ACS) : le bourgmestre dispose légalement de 90 jours pour statuer après réception d’un dossier complet, avec un passage des pompiers dans les 60 premiers jours.
  • Permis d’urbanisme (si nécessaire) : entre 30 et 115 jours selon la procédure.
  • Enregistrement Tourisme Wallonie : quelques minutes en ligne, une fois l’ASI et le casier judiciaire en main.

Comme l’ASI et le permis d’urbanisme peuvent être demandés en parallèle, comptez, dans un cas simple sans permis nécessaire, environ 1 à 3 mois. Si un permis d’urbanisme est requis, mieux vaut prévoir 3 à 4 mois.

Bon à savoir

Rien n’empêche de préparer votre annonce, vos photos et votre tarification pendant que ces démarches suivent leur cours. Le temps d’attente n’est pas du temps perdu.

Combien ça coûte ?

Bonne nouvelle : la plupart de ces démarches sont gratuites. Le budget à prévoir dépend surtout de l’état de votre bien, pas des formalités elles-mêmes.

Gratuit
  • Enregistrement auprès de Tourisme Wallonie
  • Extrait de casier judiciaire (généralement gratuit ou symbolique)
  • Demande d’ASI/ACS (le formulaire lui-même, sans frais de dossier)
Payant
  • Permis d’urbanismefrais de dossier communaux, généralement 30 € à 350 € selon la commune. Architecte généralement non requis pour un simple changement d’usage.
  • Mise en conformité incendiesi le rapport des pompiers l’exige — coût variable selon l’état du bâtiment.

À retenir

Le vrai poste de dépense à anticiper, c’est la mise en conformité du bien si nécessaire — pas les démarches administratives, qui restent globalement accessibles.

Récapitulatif : la checklist dans l’ordre

  1. 1 Vérifier si un permis d’urbanisme est nécessaire — service urbanisme de votre commune. À lancer en premier vu les délais.
  2. 2 Demander l’extrait de casier judiciaire — commune ou guichet en ligne. Rapide, à faire à tout moment.
  3. 3 Demander l’ASI ou l’ACS — formulaire à envoyer au bourgmestre de la commune où se situe le bien. Souvent l’étape la plus longue : à lancer tôt.
  4. 4 S’enregistrer auprès de Tourisme Wallonie — en ligne via « Mon Espace », une fois l’ASI et le casier judiciaire obtenus.
  5. 5 Vérifier la fiscalité applicable — service fiscalité de votre commune, et un comptable pour la partie impôts/TVA si besoin.

Se lancer sans se tromper

Ces obligations ne sont pas conçues pour décourager la location courte durée. Elles visent plutôt à garantir la sécurité des voyageurs et un cadre clair pour tout le monde — un cadre qui s’ajoute d’ailleurs au calcul de rentabilité détaillé dans notre article sur combien rapporte un Airbnb à Liège.

La bonne nouvelle, c’est qu’une fois identifiées, ces obligations se traitent une seule fois, pas à chaque réservation. Chez MOSA, avant même de mettre votre bien en ligne, nous vérifions avec vous que votre dossier réglementaire est en ordre — enregistrement, permis, fiscalité. Vous vous demandez où en est votre situation ? Prenez rendez-vous pour un point clair sur ce qu’il vous reste à faire.

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